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20 pages

Mon courroux (coucou)

De mes terres de Montreuil, le 13 juin 2004
Gamaçons, Gamaçonnes, oyez ma colère, mon ire, mon courroux (comme vous voudrez) :

Je viens d'apprendre par des indiscrétions que notre bien-aimé Jehan-Louy avait été élu d'extrême justesse, face au Cardinal qui pourtant ne se présentait pas mais pour lequel non seulement la valetaille s'est massivement prononcée mais aussi pour lequel certains de nos cousins et cousines de la noblesse ont eu quelque faiblesse.
   Qu'est-ce à dire ? Serait-ce un retour à un désir de morale inquisitoire qui pollua notre principauté pendant des siècles ? Ou au contraire un besoin de s'identifier au vil et libidineux Cardinal, personnage plus proche du divin marquis que de St-Vincent-de-Paupaule ? Bénitiers à chaque coin de ruelle ou capotes à gogo ?
   Alors la Principauté se tournerait-elle aujourd'hui vers la luxure la plus éhontée ou vers le goupillon, ce qui serait dans un cas comme dans l'autre s'adonner à de pervers excès qui ne feraient que retarder la reconnaissance de notre cher pays auprès de l'Europe athée et trop républicaine. Foutez, certes pour combler le déficit de notre population, mais ne foutez pas n'importe comment. Il est probable que le Cardinal ait manoeuvré hypocritement (il peut s'en passer des choses sous une soutane !) pour se faire élire tout en faisant croire à notre Altesse Sérénissime à sa profonde loyauté (on ne peut pas faire confiance à la calotte) :

on sait le pouvoir qui, entre autres, est le sien sur les bergères dont les troupeaux de biques sont organisés pour être à la disposition des mâles gamaçons ; là encore le cardinal en est le grand ordonnateur. Sa vilenie est incommensurable : tout le monde sait bien que la vingtaine de capotes usagées retrouvée récemment dans un fourré des terres du Panier ont été déposées en cet endroit par le cardinal, trop honteux qu'elles soient découvertes dans ses écuries (Je confirme donc à cette occasion que notre cher frère le duc de Panier n'est pas le coupable présumé sur cette affaire, contrairement aux bruits qui ont couru).
    Alors revenons au vote : Gamaçons, Gamaçonnes, vous m'avez déçu ! Je vous croyais suffisamment lucide pour comprendre toutes les manigances que cachait cette élection. Certes on a quand même sauvé la Principauté encore une fois mais je demande à notre peuple qu'il se ressaisisse sans céder à l'avenir à l'appel de la lubricité - lucides oui, lubriques non !   Gamaçons, Gamaçonnes, vous m'avez désenchanté : dorénavant je supprimerai la cédille !!!

Trou, Duc de Montreuil, Officier des Porte-Carquois

Dépêches rapides des humeurs de temps

Le 19 mars 2003
Le bon Saddam vient de demander l'asile politique à la principauté de la Gamassade. Etant certains que notre souverain, le Prince Jehan Louy, donnera, ne serait-ce que pour des raisons humanitaires, une réponse positive à cette requête, nous préparons la chambre d'amis.

Le Duc de Panier

PS : merci de garder cette information confidentielle, nous craignons une arrivée massive de journalistes.


Le 19 mars 2003
Monsieur le Duc,

Votre scoop est un secret de Polichinelle. Nous, à la Dépêche de Minuit, savons déjà depuis quelques jours (grâce à une femme de ménage qui est la cousine du beau-frère de la reine de Jordanie et qui balaie sous le lit présidentiel à Bagdad) que le brave président irakien avait l'intention de rejoindre les Marches du Sud Quercy pour y trouver refuge. Nous savions également (grâce à une femme de ménage qui est la cousine du beau-frère d'un serrurier ouvrant souvent les portes de l'agence de la CIA à Langley quand les employés, à force de les cacher par peur de l'espionnite aiguë, perdent la clef de leur bureau) que le gouverneur de la Principauté de la Gamassade (c'est-à-dire vous) avait fait des offres d'accueil au brave président irakien en échange d'une saillie de sa jument par le meilleur étalon du palais irakien.

Vous trouverez ci-joint cette photo, prise par nos reporteurs cachés ces derniers jours derrière vos pots de fleurs, de personnalités ayant déjà très ouvertement montré leur amitié pour qui vous savez.

Notre journal est prêt à oublier tout cela si votre Principauté s'engageait à acheter quotidiennement à notre journal une page de publicité pour ses girolles au prix de 100 barils de pétrole.
   Je ne vous salue pas.
Lionel Ringue, Rédacteur en chef de la Dépêche de Minuit


Le 19 mars 2003
Le Cardinal de Marsa
à
Monsieur Dabeliou Bûche
Président des Etats-Unis (pas pour longtemps)

Monsieur,

J'ai le devoir, en mon âme (assez pure) et conscience (presque sans tache), de vous informer des viles manoeuvres du duc de Panier. Ce traître, sous couleur d'une action humanitaire, au demeurant fort contestable, se fait le con plisse de l'intégrisme le plus radical socialiste en accueillant dans son manoir le sieur Sadam et sa dame. Ma pudeur naturelle m'interdit d'évoquer ici les dessous (si je puis dire) de cette affaire. Sachez pourtant que sous prétexte d'un obscur trafic de girolles et d'un accord discutable, "pétrole contre girolles", il se propose de gambader dans les prés avec cette pauvre femme exilée chez les infidèles.

Mais il y a pire : le futur ex dictateur trimballe dans son déménagement toutes ses armes de destruction massive, parmi lesquelles des armes bactériologiques particulièrement dangereuses : bombe à chetouille chercheuse, missiles à tréponèmes vitaminés, roquettes à vérole explosive, etc.

Cet arsenal, rigoureusement proscrit par le traité de Ratafiol, doit être, selon les renseignements de mes services secrets infiltrés dans le pigeonnier du Castel du Panier, déployé le long d'une ligne Vidaillac Laramière et être utilisé lors de la reprise des combats entre la Principauté de la Gamassade et le Royaume de Marsa, dès le printemps*

Aussi, M. Dabeliou, je vous prie de bien vouloir transférer 200 000 hommes ainsi que tout le matériel qui va avec, pour aller foutre la pâté au duc suce nommé. Et en prime, je me fais fort d'obtenir un vote favorable au "machin" et le pardon du pape; le Christ n'a-t-il pas déclaré : "heureux les simple d'esprit, le Royaume des Cieux leur appartient" ?

Cardinal de la Fausse

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* Nous sommes civilisés, nous : on ne se bat pas en hiver.


Le 20 mars 2003
Proposition de service

Altesses, Excellences, Mesdames, Messieurs,

Si je me permets de vous écrire aujourd'hui, c'est que mon contrat à durée déterminée va bientôt s'achever et que je serai à la recherche d'un emploi. Aussi, vous trouverez ci-dessous un bref aperçu de ma carrière, qui vous prouvera que, si j'ai parfois fait des erreurs, elles ont été constructives.

Etudes. Bien que je ne sache pas encore lire couramment, j'ai fait des études passables. Passons. Dans ma jeunesse, je me suis bourré la gueule avec mes copines Be Bop et Lulla et avec l'argent de papa. J'ai accompli mon service militaire dans l'aviation et j'ai réussi à être le seul pilote à rester au pays alors que mes copains bombardaient les restes du monde, ce qui atteste une capacité de débrouillardise qui sera utile à votre société.

Emplois exercés. J'ai fondé trois entreprises (dans le pétrole) qui ont malheureusement fait faillite à l'insu de mon plein gré nonobstant l'aide de banques du Moyen-Orient appartenant entre autres à la célèbre famille Ben Moulinex. Par bonheur je n'y ai pas perdu d'argent, au contraire, en particulier avec ma dernière société car j'avais pris l'heureuse initiative de vendre mes actions avant que leur valeur ne s'écroule.
   Ensuite, j'ai fait de la politique, et j'ai dû cesser d'être alcoolique pour devenir bigot, ce qui est très bien considéré par les culs rouges (1) de chez moi. Certains gauchistes font courir à mon sujet des bruits où il est question d'inculture, de vide cérébral et politique. Cela est démenti par le fait que Dieu est avec moi.

Activité actuelle. En ce moment je conduis une affaire au Moyen-Orient dans laquelle j'utilise du matériel que j'ai fait acheter à la société de mon père par le contribuable. Quand ce contrat sera terminé, un autre est d'ors et déjà signé et qui consistera à reconstruire tout ce qui est malheureusement cassé dans ce pays. Ce marché est attribué à des amis de la famille. Et on m'a dit qu'il y aurait du pétrole à exploiter...

Loisirs. J'aime les vaches, les ceinturons et les bottes en peau de serpent. J'aime promener mon petit chien. En peinture, mes penchants vont vers l'art figuratif et le crépi. Je prie Dieu tout en jeûnant de temps en temps. J'essaie de penser à des choses ou d'autres, mais c'est pas facile.

En conclusion. Si vous pensez que votre entreprise pourrait bénéficier des service d'un citoyen en dessous de tout soupçon, n'hésitez à me convoquer en écrivant à l'ANPE de Paris (Texas), 2650 Smith Wesson Rd., sous la référence 00-03-GWB. J'arriverai à la Gamassade par le premier B.52.

Laissez-moi terminer par une citation culturelle : "The game is over" (2).

En espérant que vous prêterez toute l'attention nécessaire à cette demande, je vous prie de bien vouloir agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes sentiments les meilleurs, avec l'aide de Dieu.

G. Walker

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(1) red necks
(2) Les gamètes sont dans mes ovaires. (Traductions de Donald Suzefeld, secrétaire particulier du Prince).


Le 21 mars 2003. Bises à toutes,

C'est effectivement un beau jour. Il fait un soleil magnifique dans la Principauté et les oiseaux, si j'en juge par leur cris de joie, ne sont pas encore informés des dernières décisions américaines.
   Beau jour car la radio vient de nous apprendre que le bon Bush donnait 48 heures au non moins bon Saddam pour faire ses valises. Si Mme Saddam est comme Isabeau, ça m'étonnerait beaucoup qu'elle ait le temps de boucler ses malles dans un délai aussi court.
   Encore un fait déterminant que l'Histoire ne retiendra pas, à savoir que cette guerre aura pour cause unique la lenteur - et/ou la quantité de fringues - de Mme Saddam. Des centaines de gens vont perdre la vie parce que la dame en question n'aura pas su faire son choix entre ses paires de chaussures...

   Pour éviter une telle catastrophe à la Principauté, j'ai immédiatement balancé à la poubelle les godasses d'Isabeau, ne gardant qu'une paire de bottes pour son jardin. Je vous propose d'en faire autant avec les fringues de vos compagnes.

Voilà, c'était mes réflexions de ce matin, alors que la vie redémarre partout avec le printemps et que je vais aller de ce pas faire un petit câlin à mes chevaux.

Mel Taprun


Le 26 mars 2003

La grande busherie a commencé. Les troupes de la coalition blafarde mettent à feu et à sang l'Iraq de tonton Saddam, où les opprimés ne rêvent que d'agresser leurs démocratiseurs forcenés. Si le pétrole flambe doucement, son cours n'en fait pas encore autant.
   Nous autres, heureux habitants de Sarkozie occidentale, pas chauds du tout pour cette guerre malgré la flamme communicative des puits de pétrole, nous contentons de charteriser nos visiteurs estrangers, puisqu'on ne peut plus les envoyer au bûcher.

Pour l'aider à s'endormir, le soir, après visionnage de sa série télévisée préférée "War On Iraq", susurrons à l'oreille de Georgedobliou ces paroles du vieux Milton :

O impotence of mind in body strong !
But what is strength
Without a double share of wisdom ?

Burnaud le Désastreux.


Le 30 mars 2003

En ce qui concerne Saddam, ne vous inquiétez pas pour lui. Il est à la Gamassade avec Bobonne et nous l'avons mis au foie gras et à l'eau de vie de prunes. C'est en fait quelqu'un de très sympa et de très convivial. Pour le week end prochain, nous attendons les Bush. On va leur apprendre à tous les quatre à jouer à la belote. Ils arrêteront peut être leurs conneries ainsi et nous espérons qu'ils régleront leurs problèmes plus pacifiquement grâce aux cartes.

Dans la foulée nous avons également invité les Kadhafi et Kim Jong Il. Comme Alzheimer de La Fosse est en ce moment à la Principauté, il ne manque plus que les Grassandre pour que la Gamassade ait fait le plein de fadas...

Bises
Le Duc de Panier


C'est scandaleux !

le 14 janvier 2003

Monsieur le Juge,

Je viens vous informer par la présente d'une tentative d'attentat perpétrée en mon fief du Ringué en Quercy par deux malfaiteurs facilement identifiables d'après la vidéo-surveillance que mon service de sécurité avait cru bon d'installer dans et aux alentours de la propriété. Sur ces documents, on peut voir ces deux louches individus bricoler de façon artisanale leurs explosifs, les installer devant le palais et les résultats de l'explosion.

Il paraîtrait, selon une source (thermale) autorisée, que nos deux malandrins cherchaient à mettre à jour une cassette d'or enterrée là par mes aïeux. L'explosion a fait peur à mon amie la Vicomtesse La Fouine logeant actuellement au Ringué, et devant qui ils ont fait semblant de creuser un trou à l'explosif dans la roche, pour planter un cyprès !
   Pourriez-vous, Monsieur le Juge, informer les services sarkozinesques afin d'effectuer en enquête sur cette triste affaire ?

Votre dévoué,
Pierre d'Iscorde du Ringué

Salut les Immortels

Le 25 janvier 2003

Nous, Cardinal Alzheimer de la Fosse de Marsa, Grand Inquisiteur et Généralissime des Puissances de l'Axe du Causse, déclarons hérétique, schismatique et diabolique le projet du Turlutheur du Ringue. Quoi, vouloir priver les peuples des bienfaits de la khulture, de chefs-d'oeuvre puissants à la portée universelle, d'une fresque épique qui n'a d'égale, et encore, que Iliade, le Kamasoutra et l'Almanach Vermot ! L'Histoire, Môssieur, avec un grand H, s'écrit en lettres de sang et d'or à la Principauté de la Gamassade. Les avancées les plus hardies de la Science font la gloire de notre Prince bien-aimé et de ses fidèles Sujets. Et vous voudriez qu'une odieuse censure, digne des plus infâmes tyrans, ensevelisse ces trésors ?

Votre nom paraîtra dans la race future
Au plus sanglant censeur une cinglante injure. 

Et avez-vous pensé, Môssieur, à notre jeunesse, avide d'instruction, qui puise dans l'édifiante épopée des Héros qui jalonnent ces pages sublimes, la force et le courage d'affronter un monde où la barbarie d'un Duc de Panier, prêt à toutes les félonies pour conquérir quelques arpents de cailloux, risque de déclencher le feu nucléaire ? Est-ce en vain que les Ministres de l'Education Nationale des Etats-Désunis d'Europe ont unanimement décidé d'inscrire dans les programmes de toutes les universités, y compris celle de Vissoukhassat, la saga gamassone ?
   L'obscurantisme ne passera pas, Môssieur, et nous défendrons haut et fort le droit des peuples à se cultiver eux-mêmes et à assouvir leur soif légitime de connaissance et de vin de Cahors.

Alea jacta est.
Le Cardinal

Le Ringue se rebiffe

Le 26 janvier 2003
Monseigneur le Cardinal,

Et bien oui, nous sommes du côté des censeurs, nous femmes d'Asie et du MLFAT (Mouvement de Libération des Femmes Asiatiques contre le Tyran). Non seulement le triste sire du Castel du Panier exploite une pôvre asiatique comme esclave, lui faisant étaler l'argile sur son pré à jument afin d'en faire une patinoire, mais il la cantonne aussi dans une cuisine minuscule où lorsque sa main droite veut prendre le lait dans le frigo, la gauche peut continuer à touiller la soupe sur le gaz.
   Nous aurions pu espérer, Monseigneur, que votre charge ecclésiastique vous ferait nous soutenir dans notre légitime combat féministe et nous aider à libérer notre soeur Isabeau de Promme. Au lieu de ça, vous vous répandez sur Internet en propos sexistes, en images pornographiques, et mettez au piloris notre frère Turlutheur du Ringué qui fait tout son possible (voire impossible avec des maniaques comme vous) pour élever le débat culturel.
   Comme l'esclavagiste du Castel du Panier, vous exploitez nos soeurs, cette photo (1) de votre cuisinière le postérieur à l'air le prouve. Nous vous avons également surpris en train de forniquer avec notre soeur Chatte-de-Jade (voir seconde photo) alors qu'elle méditait sur les Paroles du Bouddha ; votre visage n'est pas visible sur ce cliché (2), mais vos mains sont reconnaissables.

SCANDALE, Monseigneur le Cardinal. Ces deux photos sont déjà au Vatican, et lorsque vos tristes collègues empourprés auront fini de se masturber dessus, nous espérons qu'ils préviendront le Très Saint-Père de vos turlupitudes !
   Alors, oui à la censure sur le site de La Gamassade ! Oui à la libération de nos soeurs d'un néo-esclavagisme quercynois ! Oui à la truffe dans la motte ! Sarkozy-le-Hongrois, notre Frère émigré, entends l'appel des femmes asiates de France, bonnes citoyennes et rouleuses de nems sous la couette. Libère nous des flaques et des bourbiers où nous prostituent ces suppôts d'ambassades.
   Non, rien de ceci n'est un exemple pour la belle jeunesse de France. Vive la France ! Vive l'Indochine !

La Présidente du MLFLAT

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(1) voir la photo page d'archives 7 (L'Auberge du Bon Coucher).
(2) photo censurée par Commission princière Informatique & Liberté surveillée.
 

Scandale dans la Principauté de la Gamassade

Certains quartiers de la Principauté abritent une faune que l'on n'aimerait pas croiser après la tombée de la nuit. Le lieudit "Castel du Panier" est de ceux-là.
   Il y a quelques jours, la jeune Opale à la robe légère déambulait vespéralement dans un cloup aux herbes prometteuses. Les ombres s'allongeaient, le soleil déclinait, la rosée du soir faisait palpiter sa narine. Elle goûtait avec délice l'heure incertaine de tous les possibles. Soudain, un frémissement des taillis l'avertit d'un danger imminent. Son regard attentif scruta les sombres frondaisons où tressaillait une menace. Trop tard. Surprise, elle était condamnée. Surgis du néant vaste et noir, comme une hydre aux tentacules immondes, des individus qu'elle identifia sur le champ l'encerclèrent, l'immobilisèrent et lui infligèrent derechef ce que l'on désigne pudiquement par le mot "tournante".

Honteuse, mais décidée à poursuivre les coupables dont les titres de noblesse ne sauraient les protéger d'un juste châtiment, elle s'en est allée d'abord se confesser au Cardinal de Marsa puis, sur ses conseils, s'est rendue à la Brigade Mondaine où le commissaire Magret de Konard a reçu sa plainte. Il ne fait aucun doute que ces libidineux (de vipère) seront promptement démasqués. En attendant, une surveillance renforcée a été prévue aux abords de la maison de retraite de la ville voisine.

De notre correspondant, le Mollah Omarsa

À la recherche de la pierre philozoophile ?

Notre anachorète national, le duc de Panier, reclus en son ermitage solitaire et sans aucune fournisseuse d'accès internénette à sa portée, semble s'éparpiller un peu en ce moment...

Je viens de procéder à une expérience du plus haut intérêt scientifique.
   Le protocole observé et les résultats feront d'ailleurs prochainement l'objet d'une publication dans The Scientist et dans le Villefranchois. Conformément à votre info concernant les procédures à suivre pour la distillation de l'eau de vie de prune, la récolte 2002 semblant prometteuse, j'ai, profitant de l'absence d'Isabeau de Promme qui pouponne en ce moment sa petite fille dans le Poitou, soigneusement mélangé le contenu d'un pot de confiture d'abricot et 10 cl d'alcool à 90° et placé le tout dans un congélateur à -20° pendant 12 heures.

Résultat: le mélange reste pâteux mais aucune séparation n'est perceptible. A combien faut-il donc descendre pour arriver à séparer les deux composants ? Merci d'interroger votre copain chimiste (fumiste ?) pour savoir ce qu'il en est. J'avoue être un peu démoralisé mais suis prêt, tel Bernard Palissy, à tout détruire pour arriver à mes fins (faims ?).

Lonesone Mel Taprun


Au reçu des message émanant du Castel du Panier, j'ai peur que le cerveau de son occupant solitaire soit en train de tourner en eau de boudin depuis qu'il se fait tripoter par une rebouteuse. Ses messages deviennent mystérieux et obscurs, du moins pour moi.
   Pour mieux comprendre, j'ai soigneusement essayé de mélanger le contenu d'un bidon de nuoc mam et 6 litres de fioul à 3,60 F le litre et placé le tout sous la couette de ma copine à +37° pendant 12 heures.

Résultat : la tête pâteuse et séparation d'avec la copine. A quel niveau faut-il donc descendre pour arriver à séparer ainsi chez lui l'esprit de la matière ? Merci d'interroger votre copine psychiatre (physiothérapeute ?) pour savoir ce qu'il en est. J'avoue être un peu découragé mais suis prêt, tel Bernard Kouchner, à tout balayer pour arriver à le sortir de sa déchéance (dégénérescence ?). Help !

Suze


Ayant récemment mélangé les torchons et les serviettes additionnés de calculs reinaux (pierres déjà zoophiliques mais pas encore philo au titre de catalyseurs), et plongés dans un bain de près de deux litres de vodka, le tout longuement malaxé avec de l'huile de coude, j'ai approché de la solution philosophalique, bien que je me sois ensuite aperçu que tout cela c'était pour des prunes...

Mais je ne désespère pas, hic, de réussir.

Trou, Duc de Montreuil


Je viens d'alerter la C.I.A., la D.S.T., le S.D.E.C.E., le F.B.I., la C.G.T., l'O.N.U., Arlette Laguiller et Napoléon IV qu'un obscur apprenti chimiste préparait un attentat visant à éradiquer la production de girolles dans la Principauté de la Gamassade. Tous unis pour défendre notre pauvre terroir, nous manifesterons notre solidarité avec notre vénéré souverain en "démontant", avec l'aide de José Bové, le repaire de cet émule de Ben Laden ; j'ai nommé le Castel du Panier (de crabes).

A vos fourches citoyens
Qu'un sang impur abreuve notre Causse
Donnons-nous les moyens ;
Le Quercy, c'est pas la Beauce !

Le Cardinal Rouge

Courrier du cœur

Oh que ça va pas mieux le Duc de Panier dans sa tête ! Il n'a plus le poil lustré, la truffe humide, la queue frétillante qu'on lui connaissait et qui révélait sa bonne santé. Il est bien piètre du devant aujourd'hui. Témoin, cet appel désespéré lancé aux quatre vents :

Non, je ne vous entretiendrai pas des élections, somme toute de peu d'importance, qui sont en train de se dérouler en ce moment. C'est d'un sujet beaucoup plus grave que je souhaite vous entretenir.
   Ma favorite, la belle et douce Opale, vient de se faire la malle avec un PSA* et me fait porter des cornes tout en menant joyeuse vie. Je suis au désespoir et ai besoin de votre soutien en ces moments difficiles. Merci de me donner des conseils sur la conduite à tenir avec cette effrontée, que je ne peux, compte tenu de l'affection que je lui porte malgré tout et des immenses moments de bonheur que nous avons vécus ensemble dans le passé, rayer définitivement de ma vie.

Merci de votre compassion.

Mel Taprun, duc de Panier

P.S.1 : PSA = Post Scriptum Atrophié
P.S.2 : Je ne suis pas certain que la fréquentation du Cardinal de Marsa, fréquentation que j'ai essayé de limiter au maximum, ne soit pas à l'origine de cette conduite scandaleuse.



Et les messages de réconfort n'ont pas tardé :

Chers vous tous,

Voilà déjà quelques temps que j'aurais dû répondre à vos courriers respectifs, mais comme je suis très prise (pas de jeu de mot S.T.P, duc !) et qu'aujourd'hui comme chaque mercredi, je me consacre au courrier, je viens donc bavarder avec vous.
   Mon pauvre Taprun, ta jument s'est fait la "belle". Je suppose que c'est pour un bel étalon, et la bonne cause. Je pense que le plan "S.O.S. Dyron" est excellent, et j'imagine la tête des gendarmes du lot profond et leur réaction si tu te lances dans une telle recherche... Remarque, vu le nouveau gouvernement mis en place et le nombre d'effectif (+ 100 000 si j'ai bien compris entre gendarmes et policiers) tu as toutes les chances de trouver du monde pour t'aider dans tes recherches. Mais nous compatissons, je me suis même retenue de justesse pour ne pas entrer à "Si-Muang" et faire brûler quelques bâtons d'encens pour Opale...

Le soir même de cette nouvelle navrante, avant de me coucher, je me suis agenouillée au bord du lit dans l'intention de dire 3 "je vous salue Marie", la tête basse, les mains jointes prête à faire appel à ma mémoire infaillible afin de faire remonter en moi des bribes de prières apprises dans mes jeunes années, quand soudain, Grassandre faisant irruption dans la chambre, les reins cintrés dans sa serviette de bain, sortant de la douche... a brusquement interrompu ce recueillement croyant que j'avais inventé, comme cela m'arrive encore parfois, pour ranimer la flamme du fonctionnaire expatrié, une nouvelle posture que l'on aurait pu appeler "position de la mai-ban illuminée".
   Merci encore à Opale et par personne interposée à toi Taprun, de nous avoir permis ainsi de constater encore une fois le bon fonctionnement de l'"Epée de Jade" de Grassandre.
   J'espère et j'attends que tu nous donnes de plus amples nouvelles de ta belle infidèle.

Grassandrea


Mon pauvre ami,
Il est dans la nature des choses de se voir préférer, à nos âges, un membre très actif de la gent chevaline. Chirac ne vient-il pas d'être préféré par nombre de françaises à leurs dignes et chers conjoints ? Il est des arguments de poids (si tu vois ce que je veux dire) devant lesquels nos attributs naturels et humains sont de peu de poids...

D'autres peuplades savent se donner du bon temps avec leurs animaux favoris (cf. ci-joint). Prends-en de la graine, que diable !
   Avec toi toujours dans les moments difficiles,

Burnaud d'Escouille


Cher Duc de Panier,
Je vois que tu vas très mal ! Cette espèce de dérive, d'identification à la gent équidée, cette régression utérine (j'ai déjeuné avec Ta Zot hier) avec pour fin un nouveau poulain qui ne sera pas de toi... Cette circulaire désespérée dans laquelle tu t'épanches à toutes tes connaissances. L'esprit t'eschappoît-il ? Ne vois-tu pas que tu es la source de ta propre infortune ? Car enfin c'est toi-même qui a incité Opale à se faire saillir par un étalon de ses deux !

N'y a t-il pas là un remugle de schizophrénie perverse ?

Il faut maintenant te détacher de tout ça. Ceux qui ne marchent que bien dans leur tête peuvent avancer beaucoup davantage, s'ils suivent toujours le droit chemin, que ne font les chelous qui courent, et qui s'en éloignent (Descartes).

Suze de Pounac



Bien qu'un peu entamé, le Duc de Panier semble aujourd'hui se remettre :

Ma chère Grassandrea,

Merci de ton long mail qui nous a rempli de joie, Isabeau et moi, tous les habitants de la Gamassade, ceux du canton de Belregard ainsi que l'ensemble des inscrits sur les listes électorales du Lot.
   Compte tenu du caractère très particulier de ce message, c'est à toi seule que je m'adresse, souhaitant que son contenu reste confidentiel.
   J'ai pardonné à Opale pour la raison suivante :
   Connaissant de très longue date le cas désespéré de Grassandre - que j'ose à peine appeler encore ton mari - pour ce qui concerne son épé de jade, la nouvelle de son sursaut en te voyant en prière pour le salut de la douce Opale, nous a comblé de bonheur.
   A vrai dire, à la première lecture de ton mail, nous n'y avons pas vraiment cru, connaissant l'état désastreux de l'objet. Après de nombreuses lectures, enquêtes auprès d'un vétérinaire, de spécialistes mondialement reconnus et consultation du vénérable cardinal de Marsa - dont l'Opinel de zinc ne fonctionne plus depuis des lustres - nous sommes arrivés à la conclusion qu'en effet, une petite lueur avait pu se déclarer et qu'un frémissement - oh combien modeste faut-il le dire - avait pu mettre en branle l'objet en question.

Dans ces conditions, et compte tenu de ce qui précède, tu comprendras aisément que nous ne pouvons continuer à en vouloir à Opale dont la conduite est scandaleuse, certes, mais qui reste à l'origine de cette résurrection à vrai dire inespérée.
   Voilà très brièvement ce que nous voulions te dire, ma chère Grassandrea, Isabeau de Promme et moi, soucieux de partager ta félicité.
   Juste un petit conseil : compte tenu de l'état désastreux de cet outil, profite très vite de sa remise en état, qui ne peut être que provisoire et qui risque, après ce sursaut, de rentrer définitivement au fourreau.
   Je t'embrasse très fort.

Happy Mel Taprun, Duc de Panier

P.S. 1 : cette position, agenouillée devant une image pieuse, n'est pas sans rappeler la position dite de "la brouette sichouanaise" imposée par les missionnaires bouddhistes qui importèrent cette religion en Chine au début de notre ère...
P.S. 2 : ce retour de flamme est-il lié au fait que Grassandre est arrivé enfin à pied par la Chine ?

 

 

Ô tempora, ô mauresques canassons !
Cette phrase de Poincaré résume grossièrement la polémique ta mère agitant le petit monde gamasson où s'affrontent nos princes, qui pour une pierre de discorde, qui sous l'influence d'une jument beure. Notre commissaire politique, le camarade Magret, semble peu disposé à faire preuve de mansuétudes bâclées dans cette double trouble affaire. Les plaignants s'expriment :

Monsieur Taprun,
Vous trouverez ci-joint un aperçu des photos compromettantes que j'ai pu prendre de vous très récemment. Soyez assuré que si dans les 15 jours qui viennent, la grande pierre plate constituant le sol de votre cheminée n'a pas rejoint l'escalier qu'elle composait à l'origine, le toit de mon fournil n'est pas refait de façon satisfaisante, le plancher de mon salon/cuisine n'est pas restauré en belles planches rabotées/pocées, si mon terrain n'est pas enrichi de chênes truffiers ensemencés, je me verrais dans l'obligation de faire parvenir les-dits documents à la Brigade des moeurs de Cahors. Que les chats de votre épouse bouffent les oiseaux, c'est une chose, que vous entreteniez des amours coupables zoophiles avec votre jument, en est une autre.Monsieur, je ne vous salue pas,

Le Ringué II


Monsieur le Commissaire,
Je suis l'objet, depuis quelques temps, de menaces régulières d'un individu qui se fait appeler - de toute évidence un pseudonyme - le Ringué II.
    Cette personne, n'hésitant pas à utiliser les moyens les plus bas, à savoir en ce qui me concerne le chantage, exige que je lui rende une pierre autrefois confiée à mes soins attentifs par le Seigneur de la Gamassade, j'ai nommé Jehan Louy II, pour décorer ma cheminée.
    Connaissant mon état de santé actuel, vous conviendrez avec moi, Monsieur le Commissaire, qu'il m'est difficile, en ces temps de lumbago sournois, de porter seul sur mes frêles épaules, courbées par ailleurs par le poids des années et celui du confit de canard, cette énorme pierre qui par ailleurs est l'objet d'un culte suivi par la maîtresse de cette maison qui faute de bâtonnets d'encens l'effleure quotidiennement à l'aide d'un petit balai.
    L'individu en question menace de dévoiler à la presse locale et plus particulièrement au Villefranchois et au "46" des photos compromettantes qu'il aurait pu obtenir d'un paparazzi à l'affût des développements amoureux des sujets de la principauté de la Gamassade.
    Je crains le pire.
    En effet, vous n'êtes pas sans savoir, Monsieur le Commissaire, que j'entretiens des rapports très étroits avec une jeune vierge arabe du nom d'Opale et j'ai très peur que ce maître chanteur ne fasse parvenir à mon épouse, la Sainte Isabeau de Promme, des photos compromettantes qui risqueraient, si elles parvenaient à sa connaissance ou étaient diffusées dans les médias, de mettre mon ménage en péril.
    Je dois confesser que mes relations avec la douce Opale ont pris ces derniers temps des proportions que j'étais loin d'imaginer quand je la rachetais aux pirates barbaresques qui la retenaient prisonnière. Les soins attentifs que je lui prodigue depuis plusieurs mois pour lui faire oublier ses années de captivité, une inclination naturelle à me porter au secours des êtres en danger - surtout quand ils appartiennent au sexe faible - la beauté de cette jeune captive, la rondeur de ses formes, son sourire reconnaissant et le potentiel de turpitudes que je devinai dans son regard firent que très rapidement notre affection mutuelle se transforma, à l'insu de mon épouse je dois l'avouer, en une passion torride faite d'étreintes sauvages à l'occasion des 5 à 7 et des alibis que me ménagent les pacsés de la Gamassade, j'ai nommé Jehan et Petit Bob, que je suis censé rejoindre chaque jour.

Pour la première fois de ma vie, j'arrive à me faire lécher le sommet du crâne pendant que je fais des papouilles dans le cou de ma partenaire. Essayez avec votre épouse, Monsieur le Commissaire, vous constaterez que cela n'est pas chose facile.
    Connaissant ma position, qui est loin d'être celle du missionnaire que j'ai longtemps été pour le compte du MAE, je vous supplie, Monsieur le Commissaire, de tout mettre en oeuvre pour trouver ce lâche individu et pour faire en sorte qu'il ne puisse plus me nuire à l'avenir.
    Il va sans dire que si vous ne réussissiez pas rapidement à réduire ce Ringué II au silence, j'en déduirais que mon problème ne vous préoccupe pas outre mesure, et je verrais contraint, à mon grand regret, de faire parvenir à votre épouse, la silencieuse Virevolte de Bienséant, une série de photos prises lors de vos voyages exploratoires dans les différents pays d'Asie du Sud est que vous avez fréquentés et que je conserve précieusement à l'abri dans un coffre en Suisse.   Je vous prie de croire Monsieur le Commissaire, à l'assurance de toute ma considération.

M. Le maudit

PS : Si la révélation de vos turpitudes passées - et pourquoi pas présentes - ne suffisaient pas, je pourrais par ailleurs me rendre dans un certain taudis de Maharsa E Charif où il me serait facile d'ouvrir le compteur d'eau qui jusqu'à présent a échappé au gel, mais qui pourrait bien, à l'occasion des froids six ou sept bériens qui se préparent, exploser telle une canette gamassonne.


Monsieur le Commissaire,
J'ai eu vent par vos services, pour lesquels je fais parfois quelques menus travaux de renseignements, que mon voisin Mel Taprun du Panier du lieu-dit La Gamassade vous avait dégoisé sur moi. C'est un peu fort que de témoin des perversions de ce zoophile (équiphile plus exactement), je me retrouve accusé. Ce môssieur se livre sans vergogne à des attouchements physiques sur une jeune jument vierge au vu et au sud de tout le monde. J'ai les preuves. Mettre la main au panier de sa jument, pour un du Panier, passe encore. Mais là, trop c'est trop. C'est la goutte d'eau qui ne fait pas déborder le vase gelé. C'est un scandale intolérable qui déshonore notre terre quercinoise qui nous avait habitué à des traditions d'un plus haut niveau culturel (lancer de truffes; planque de sangliers en période de chasse; bétonnage du causse, etc.).
   Que ce môssieur soit un ancien attaché culturel du MAE ne justifie nullement qu'il pratique la position du missionnaire avec une jument. Jument verte, de surcroît. J'ai les preuves, Monsieur le Commissaire, j'ai les preuves. Verte de peur. Cette jument craint son maître, mais n'ose pas protester, de crainte de recevoir une avoine.
   Si ce môssieur a effectivement un "lumbago sournois", la position du missionnaire est d'autant plus difficile à tenir et contre-nature.

   A ce propos, je souhaite éviter un tel spectacle immonde aux regards innocents de mes deux petits fils Julien et Tim, qui gambadant de ci de là dans la campagne gamassonne, pourraient très bien se retrouver face à face de la bête à deux ventres Mitaprun-mijument, cette espèce de centaure qui en a (des torts !).
    Je tiens également à vous signaler, Monsieur le Commissaire, que mon voisin spécule sur le passage de la gamasse à l'euro. Ayant détourné pendant des années des subventions en francs français vendéo-devillieriens de la Coopération française destinées à des activités culturelles langchanaises nobles (comptage de grains de riz les yeux bandés; séparation de Siamois à la hache; affûtage à la lime à ongles de poignards Hmong), il a rapporté ce magot en Gamassade en profitant du non contrôle douaniers des cantines diplomatiques, a blanchi ces pièces détournées en bonnes gamasses grâce à des complicités crédiagricolesques locales, puis veut se faire convertir maintenant celles-ci en euros (ni vu ni connu, j't'embrouille).   Recevez, Monsieur le Commissaire, les respectueuses salutations de votre dévoué serviteur.

Le Ringué II


Commissariat de la Principauté de la Gamassade et Autres Lieux
Le Commissaire
à M. Le maudit
Môssieu,
C'est avec une abyssale consternation que j'ai pris connaissance de votre plainte et, ce faisant, de vos lâches turpitudes. Quoi, Môssieu, non content d'entretenir des amours coupables avec la race caprine de la Principauté, vous poussez l'ignominie jusqu'à son comble en détournant du droit chemin une pauvre jument innocente qui avait vu en vous son preux chevalier qui la tirait des griffes des pirates barbaresques.

   Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure,
    L'heure sombre et fatale où votre épouse pleure !
   Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie,
    N'ai-je donc vécu que pour voir cette infamie.
    Non, Môssieu, il ne sera pas dit que le Commissaire Magret vous laissera lui infliger un tel affront. Derechef et sous pli cacheté, je mande par pigeon voyageur une missive au Grand Inquisiteur pour l'instruire de votre bestialité, crime puni de la roue, du brodequin et de l'absorption de carottes râpées jusqu'à ce que mâle mort s'ensuive. Les preuves abondent, la Justice passera.

Le Commissaire Magret



Et cela continue...

Monsieur le Président de la République
Je suis en but - en pute ? - à des menaces et autres chantages émanant du Commissaire Magret - de Connard ? - et d'un certain Ringué II qui me réclame une pierre que j'aurais, soi-disant, dérobée dans sa masure pour en décorer mon sweet home*, alors qu'il s'agit d'un cadeau fait à moi par le prince Jehan Luis II depuis des lustres, ainsi, et ce n'est pas la moindre des médisances auxquelles je suis confronté, qu'à des insinuations sournoises concernant les relations que j'entretiendrais avec une jeune vierge barbaresque.
   Vous me connaissez bien, Monsieur le Président, et vous savez l'honnêteté proverbiale dont je suis capable - coupable ?- et dont MM Pasqua, Tapie, Le Floch-Prigent, Le Pen, Bonnet - tous hommes politiques ou hauts fonctionnaires de grande probité - peuvent témoigner à ma demande sans aucune hésitation.
   Je vous demande donc, Monsieur le Président, de bien vouloir faire intervenir vos services - vos sévices ? - pour qu'il soit enfin mis fin* à ces insinuations.

Ces médisances me troublent et m'empêchent de profiter pleinement de ce congé de fin d'activité(s) que le Gouvernement - compte tenu des qualités exceptionnelles dont j'ai su faire preuve au service de la coopération franco-féminine dans les pays du Sud est asiatique pendant trois décennies - m'offre depuis 5 mois, dans l'attente de l'heure glorieuse de la retraite.
    Je vous prie de croire, Monsieur le Président à l'assurance de mes sentiments les plus respectueux.

Lonesone M.

PS : Au cas où je ne recevrais pas de réponse positive de votre part dans la semaine, je me verrais contraint de voter pour Bayrou aux prochaines élections, voire de faire savoir à votre épouse, la sainte Bernadette, ce qui s'est passé entre vous et la petite stagiaire énarque lors du dernier voyage présidentiel en Ouzbékistan... * A titre de comparaison, le château de Versailles a-t-il été construit avec les débris de la Courneuve ?
* Quel style !


Palais de l'Elysée - Présidence de la République
Cher Monsieur Lonesone,
Devant l'importance de votre requête, mes services m'ont immédiatement transmis votre missive et j'ai demandé à Monsieur le Premier Ministre de faire engager des recherches (en paternité ?) par la DST et éventuellement par la DGSE.
   Je suis très au fait de vos états de service auprès des p'tites femmes asiatiques au nom de la France. En mon nom et en celui de la France (Gall), je vous dis : Merci.
   Comme je le disais encore l'autre jour à mon conseiller Le Pen Ajouir (lequel joue avec moi et Bernadette à la belote deux fois par semaine, mais ne le dite pas aux journalistes, ils ne comprendraient pas notre amitié ou en tireraient des conclusions hâtives), ce Monsieur Lonesone, quel homme formidable qui a su porter bien haut le flambeau de notre patrie. J'avais appris par M. Roland Dumas quel avait été votre rôle primordial dans l'affaire réussie de vente de frégates à Taïwan. Cette affaire avait malheureusement été menée par mon prédécesseur et je n'en avais tiré aucun bénéfice personnel. Par contre, je vous remercie chaleureusement pour l'aide que vous avez apporté à mon frère El Hadj Omar Bongo, alors même que vous n'étiez pas dans votre sphère géographique habituelle, pour que soit assuré via Elf-Gabon un soutien efficace au RPR lors des précédentes élections présidentielles.

   Ne vous inquiétez pas, cher concitoyen, de ces langues malfaisantes qui font courir à votre propos des rumeurs pernicieuses. Comme le dit le proverbe qu'un amoureux des équidés comme vous appréciera : "Bien dire, bien faire et laisser braire".
    En ce qui concerne la jeune stagiaire dont vous me parlez si aimablement, sachez que j'ai été entièrement satisfait de ses services, et que la propreté de mon bureau témoigne qu'elle a travaillé intimement avec moi (et parfois Elisabeth Guigou après les Conseils des Ministres), en trio, dans des conditions irréprochables et sans pertes. Si votre travail actuel gamassadois vous oblige à dépasser les 35 heures prônées par mon pince-sans-rire de Premier Ministre, je suis prêt à vous mettre en contact avec cette stagiaire bien dans tous les rapports.Vive la Fille publique,
Vive la Fange

Jacques Qui Raque
Président, poil aux dents


Bulle (coincée)Cité du Vatican
Basilique de Saint Pierr
e
IL PAPA IMMOBILE
Faut-il vous rappeler, Môssieu le Président
Qu'en la Principauté, vous n'êtes que chiendent;
Troussez la stagiaire et autres turpitudes,
Ne valent que mépris envers ces habitudes.
Le peuple vous conspue, la justice vous traque
Vous êtes baptisé, vous, le Roi de l'Arnaque.
Ceux qui nous gouvernent en prônant la vertu
Et qui, tordant la loi, s'en font un torche cul
Méritent le gibet, la roue , le fouet, le pal
Qui commence si bien et qui finit si mal.
Non, je ne conçois point de pareille bassesse !
Fallait-il à ce point ravaler la Princesse ?
Opale à l'oeil humide, à la robe légère,
Aimée de la sainte comme de la mégère,
Ravalée par le fait d'un sous dard retraité
Au rang d'une hétaïre honteuse et maltraitée.
Eh ! Oui ! cet ignoble, ce triste individu
Empestant le fagot, ce tordu, ce tondu,
Bibliquement connu par des brebis galeuses,
Risque de refiler chetouille et fièvre aphteuse
A une pure enfant qui fut vierge et martyre
Avant de rencontrer cet infâme satyre.
A mes gardes suisses, je le livre en pâture
Afin qu'il périsse d'une ignoble torture...
Allez jacter à la gare de l'est.Jean-Paul III

 

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